Vente de la Collection Pierre Leroy : l'exemplaire des Fleurs du Mal vendu au prix de 603.000 €
28/06/2007
Un exemplaire des Fleurs du Mal offert par Baudelaire à Delacroix a atteint mercredi soir chez Sotheby's à Paris la somme record de 603.200 euros (avec frais, 510.000 euros sans les frais), lors d'une vente de manuscrits et livres rares.
L'ouvrage, le clou de la vente de la Collection Pierre Leroy, grand bibliophile, a enregistré un record mondial pour une édition originale de littérature française, selon Sotheby's. Il a été acquis par "un acheteur anonyme".
Le précédent record était détenu par un exemplaire d'une Saison en Enfer de Rimbaud, dédicacé à Verlaine, vendu chez Pierre Bergé le 20 juin 2006, à 513.000 euros (avec frais, 440.000 euros sans les frais), selon la même source. L'ouvrage avait été acheté par ... Pierre Leroy, qui le conserve toujours.
L'exemplaire des Fleurs du Mal - dont on célèbre cette année les 150 ans - daté de 1857, avait été offert par le poète au peintre Eugène Delacroix, en "témoignage d'une éternelle admiration", comme le souligne la dédicace manuscrite et signée. L'exemplaire, qui comporte trois corrections autographes, était estimé 300.000-400.000 euros.
La vente, qualifiée de "triomphe de la littérature française" par les experts de la maison de ventes, a frôlé le chiffre global de cinq millions d'euros (4.979.360 euros). Elle proposait 99 lots de livres et documents rares du XVIIIe au XXe siècle, faisant l'objet d'une bataille d'enchères de nombreux collectionneurs ou libraires français dans la salle et étrangers au téléphone.
Jean-Jacques Rousseau et le manuscrit complet de la troisième partie de "La Nouvelle Héloïse", 110 pages autographes, a été le deuxième lot le plus cher, vendu 384.000 euros (estimé 150.000-200.000 euros).
Parmi les pièces relatives à Baudelaire qui représentaient la moitié des lots, "Amoenitates Belgicae", derniers poèmes de Baudelaire dans lesquels il fulmine contre la Belgique, estimé 250.000-350.000 euros, est parti à 240.000 euros (avec frais).
Le manuscrit du poème "Le Vin des Chiffonniers", signé Baudelaire, estimé 100.000-150.000 euros, a atteint 168.000 (avec frais) et un exemplaire des Paradis artificiels estimé 100.000-150.000 euros, a atteint 198.000 euros (avec frais).
Des écrivains admirés ou admirateurs du poète étaient également proposés comme un exemplaire sur papier Japon de "Du côté de chez Swann" de Marcel Proust (336.000 euros), une édition de "A l’ombre des jeunes filles en fleurs" ayant appartenu à sa gouvernante Céleste Albaret (192.000 euros) et un "Du Côté de chez Swann" relié avec le satin bleu du dessus-de-lit de Proust 21.600 euros.
Le premier jet autographe par Chateaubriand de la "Lettre sur la Mort de Pauline de Beaumont", estimé 80.000-100.000 euros, a triplé son estimation à 324.000 euros.
Un décret manuscrit de 1848 signé Lamartine, estimé 60.000-80.000 euros, portant sur l'abolition de la peine de mort en matière politique, a été retiré de la vente par le collectionneur qui a annoncé mardi soir à la ministre de la Culture et de la Communication Christine Albanel qu’il faisait don à l’Etat de ce document historique.
Quatre lots ont été préemptés par des musées ou bibliothèques, un manuscrit de Georges Bataille et un d'Alphonse Daudet par la Bibliothèque nationale de France, un d'André Suares par la bibliothèque d'art Jacques Doucet et un tirage unique de la dernière photographie d'Arthur Rimbaud à Aden par le musée Rimbaud de Charleville-Mézières.

