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Le Grand Meaulnes


Vente le 7 février 2006 : Lettres autographes, armes et souvenirs historiques

03/02/2006
Le Maréchal Lannes eut une vie courte mais éclatante au sein de l’Empire à naître et naissant. Né en 1769, le maréchal s’éteint à quarante ans à peine passés en 1809. En 1792, Jean Lannes est volontaire. En 1796, il est déjà Général de Brigade, et en 1800, Général de Division. En 1801, il est envoyé au Portugal en tant que Ministre plénipotentiaire près le prince régent. Enfin, en 1804, il devient Maréchal de France, et termine Duc de Montebello à partir de 1808. Le Maréchal est reconnu comme brillant au niveau militaire. Il participe ainsi aux campagnes d’Italie et d’Egypte, et contribue à la victoire de Marengo en 1800. Il se distingue également à Austerlitz en 1805 et à Iéna en 1806. Il est finalement mortellement blessé à Essling, le 22 mai 1809 et meurt des suites de cette blessure.

Vous trouverez dans la dispersion de ces archives des autographes de nombreux personnages clés du tournant du XVIII° au XIX° siècle. Dès les premiers lots, vous trouverez cités Berthier et Boissy d’Anglas… puis sont cités les noms de Duroc, Genlis, Hortense de Beauharnais pour des estimations très raisonnables de quelques centaines d’euros.

Le lot 13 est une réunion de différentes lettres. C’est un très important extrait d’histoire contenant un total de 101 lettres et pièces adressées par le Maréchal lui-même. (Voir encadré). 70 de ces lettres sont adressées à son épouse et couvrent plusieurs années, et 31 sont adressées à ses beaux-parents et à différents autres personnages. Le tout est estimé entre 20 et 30 000 euros. Au numéro 17, l’étude Massol propose quatre lettres signées Louis-Philippe (200/300), ou encore aux lots 18 et 20 respectivement des lettres de Masséna et de Montesquiou-Fezensac.

Les lots 21 à 46 concernent des lettres signées de l’Empereur lui-même. Et on commence fort. En effet, la première lettre, datée de 1805, est signée « Napoléon ». L’estimation est plus que raisonnable pour un tel paraphe (1000 à 1200). Ce n’est pas la seule missive de l’empereur signée de manière aussi complète : vous trouverez les mêmes griffes aux lots 24, 26, 27 et 31. Certaines lettres portent également des mots autographes de l’empereur (lots 23, 24, 26, 29, 31 et 43). La partie consacrée aux archives Lannes se clôture sur des lettres de Ney, Paër et Pérignon.

Enfin, le lot 49 bis concerne les archives Noailles et la suite est consacrée aux armes et souvenirs historiques.

Focus : le complot royaliste
Parmi les cent une lettres du lot 13 de la vente de l’étude Massol (mardi 7 février, richelieu Drouot, salle 16), l’une d’elles ne peut pas passer inaperçu. Il s’agit d’une lettre autographe de Jean Lannes.

Il écrit à un ami, le 16 ventôse de l’an XII, soit le 7 mars 1804 à propos du complot des royalistes. Rappelons brièvement cet épisode de l’histoire napoléonienne.

En 1803, Georges Cadoudal (1771-1804), chef chouan, organise avec deux complices, un complot contre la personne de Napoléon, visant, avec l’aide des Anglais, à le mettre « hors d’état de nuire » et à remettre sur le trône de France la famille des Bourbons (et donc la royauté). Il avait pour but de faire emmener le Premier consul en Angleterre qui y aurait été détenu. Il s’entoure alors de deux autres personnages : le général Jean Victor Moreau (1763-1813), et le général Charles Pichegru (1761-1804). Grâce à l’aide de ses complices, il débarque en août 1803 sur les côtes françaises, terre dont on l’avait déjà soigneusement écarté.

Malheureusement pour eux, heureusement pour Bonaparte, le complot est découvert par la police. Cadoudal est arrêté, puis guillotiné, Moreau est exilé aux Etats-Unis, et Pichegru, également arrêté, est retrouvé mort étranglé dans sa cellule.

La lettre à vendre par l’étude Massol, laisse voir à quel point le Maréchal Lannes a été bouleversé par l’annonce de cette nouvelle. Il exprime dans sa lettre toute la peur et le sentiment d’impuissance qui l’animent.

« J’ai reçu mon cher ami la nouvelle de l’infernal complot tramé contre la personne du Premier Consul et son gouvernement ; je n’ai pas besoin de vous dire mon ami l’indignation que j’ai éprouvée […]. »
La lettre est vendue dans un ensemble et vous trouverez donc jointes à celle-ci d’autres missives dans lesquelles le Maréchal évoque ses tribulations militaires. Par exemple, le lot contient une lettre datée du 11 octobre 1806, soit trois jours avant la bataille d’Iéna…

Massol, SVV.
Manuscrits autographes. Archives Lannes. Archives Noailles. Armes et souvenirs historiques.
Richelieu Drouot. Salle 16.
Expert : M. Alain Nicolas.

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