Justice : Michel Garel, consevateur de la BNF, jugé pour le vol d'un manuscrit hébraïque
03/03/2006
Michel Garel, 58, conservateur à la BNF, a comparu ce vendredi après midi pour "vol commis avec dégradation par personne chargée d'une mission de service public".
Ce responsable du fonds des manuscrits hébraïques et spécialiste mondialement estimé, avait été arrêté fin juillet 2004 alors qu'il était soupçonné du vol du Manuscrit 52, c'est à dire un manuscrit hébraïque médiéval unique, d'une valeur inestimable, comprenant le Pentateuque (les cinq premiers livres de la Bible) et plusieurs textes sacrés tels que L'Ecclésiaste ou les Lamentations.
A l'époque, il avait reconnu le vol pour lequel il venait d'être arrêté. Depuis, Michel Garel est revenu sur ses aveux, arguant du fait qu'il s'était "confessé" sous la pression des enquêteurs, afin d'échapper à la détention provisoire, ainsi que pour disculper sa femme, spécialiste des manuscrits coptes et chercheuse au CNRS également mise en cause en même temps que lui.
Le 52 avait été vendu à un collectionneur britannique, David Sofer, après avoir reçu l'autorisation de sortie du territoire du ministère de la culture en bonne et due forme (grâce à la signature d'un expert : Michel Garel en personne...). David Sofer, mettait en vente aux enchères en 2000, chez Chritie's à Londres, le manuscrit 52, amputé d'une soixantaine de feuillets et retaillé pour masquer le grattage des estampilles apposées par la BNF ; il est vendu 300 000 euros.
Certains collègues du conservateur, qui le soutiennent, estiment qu'il est peu probable que les experts de chez Chritie's n'aient pas authentifié le manuscrit. L'avocat de Michel Garel, Lef Forster pose la question de savoir pourquoi son client aurait-il laissé des traces aussi évidentes ? Michel Garel, pour sa part, affirme que c'est Edmond Safra, un banquier milliardaire mort dans des conditions mystérieuses à Monaco, qui lui aurait demandé de signer l'autorisation... Par ailleurs, une universitaire isralëlienne affirme que Michel Garel lui aurait avoué le vol. La BNF de son côté, estime qu'il n'y a "aucun doute" sur la culpabilité du conservateur.
C'est un dossier quelque peu embrouillé qu'aura dû démêler le président du tribunal correctionnel de Paris cet après-midi...
Affaire à suivre.

