570 lettres autographes de la collection Albin Schram en vente chez Christie's à Londres
26/06/2007
Le 3 juillet prochain, Christie’s dispersera 570 lettres et manuscrits autographes de personnages parmi les plus marquants de l’histoire européenne du 13e au 20e siècle. Découvertes chez un collectionneur, ces lettres sont signées Albert Einstein, Darwin, Voltaire ou encore Napoléon... Elles sont estimées à près de 3 millions d’euros.
L’histoire de cette collection n’est pas banale, de l’aveu même de Susannah Morris chargée par Christie’s d’évaluer ce trésor. En effet, tout commence non pas dans une bibliothèque ou un coffre-fort mais dans un sous-sol. Plus précisément dans une buanderie ; dans une armoire métallique coincée entre une machine à laver et un sèche-linge. En découvrant son contenu, Miss Morris n’en croit pas ses yeux ! Devant elle se trouvait l’une des plus extraordinaires collection privée de lettres autographes qu’il lui ait été donné de voir de toute sa carrière : « C’est une découverte extraordinaire dans un endroit vraiment improbable. Ces lettres retracent l’histoire de la civilisation occidentale au cours des cinq derniers siècles. C’est la collection épistolaire la plus remarquable qu’on ait vue sur le marché depuis une vingtaine d’années, peut-être plus. ».
Parmi les découvertes, une lettre d’amour de Napoléon à Joséphine (1795) : « Je vous envoie trois baisers, un sur le cœur, un sur la bouche, un sur les yeux », lui écrit le futur empereur. Un billet diplomatique d’Elisabeth I (1533-1603), où la reine écrit de sa main à Henri IV avec beaucoup de diplomatie, qu’elle prend acte qu’il ait permis à l’ambassadeur de France en Angleterre de séjourner deux mois de plus.
Les dossiers que parcourt Miss Morris ne sont pas classés par ordre alphabétique ou en encore par thèmes, mais par taille. Les signatures défilent : Frédéric II, Voltaire, Darwin, Isaac Newton, Churchill, Tchaïkovski, Lewis Carol, Alain Fournier, Hemingway ou encore Beethoven… Miss Morris recensera près de 1.000 lettres écrites par les plus grandes personnalités du 13e au 20e siècle, dans tous les domaines : histoire, littérature, sciences, arts et dans pratiquement toutes les langues européennes.
Mais qui est l’homme qui a laissé cet héritage découvert dans un endroit si improbable ? Il s’appelle Albin Schram. Né à Prague en 1926, il est le fils d’un industriel australien. Enrôlé dans la Wehrmacht en 1943 après l’annexion de la Tchécoslovaquie, il est blessé, capturé et fait prisonnier par les russes. Détenu au camp de Königsberg (aujourd’hui Kalingrad), il réussit à s’échapper et à rejoindre, à pied, sa famille à Vienne. Il travaillera au ministère de la Justice puis, se lancera dans la banque et la finance, il s’installera à Lausanne, où il passera le restant de ses jours. Il est décédé il y a deux ans.
Le virus de la collection semble l’avoir pris en 1973 en faisant l’acquisition de sa première lettre : une lettre d’amour de Napoléon à sa future femme, Joséphine, datant de 1795. Cette lettre, furieusement passionnée, écrite le lendemain d’une dispute entre les deux amants est estimée entre 44.000 et 74.000 € par Christie’s.
Passion dévorante et secrète ? Selon Miss Morris, Albin Schram n’a jamais montré ces lettres à quiconque et n’en a jamais fait l’inventaire. Plus étonnant encore, même sa famille ignorait tout de cette passion ! « Il fréquentait toutes les maisons de ventes aux enchères d’Europe. Je me souviens l’avoir vu chez Christie’s », raconte-t-elle « C’était un homme aux cheveux blancs, à l’allure distinguée. Au départ, il faisait ses enchères sous le nom d’Henry. Il se montrait très entêté quand il voulait absolument quelque chose. »
The Albin Schram Collection of Autograph Letters
3 juillet 2007, 10h00 & 14.30
8 King Street, St. James's, Londres, Royaume-Uni
http://www.christies.com/features/jul07/7411/overview.asp


